Il est devenu le roi des placards — aussi à l’aise sur une étagère de cuisine que dans le coin buanderie. Le bicarbonate de soude, c’est un peu l’astuce à tout faire que l’on sort pour désodoriser un tapis, attendrir un rôti ou même apaiser une piqûre d’insecte. Mais entre la version alimentaire et la version ménagère, il y a un monde. Et cette confusion peut avoir des conséquences… pas franchement digestes.
Le bicarbonate ménager : le pro du nettoyage, pas de la cuisine
Celui-là, on le dégaine comme une baguette magique dès qu’une trace tenace nous résiste. Plan de travail encrassé, carrelage douteux, chaussures odorantes : rien ne lui fait peur. Le bicarbonate ménager est souvent vendu en grande quantité à petit prix, notamment dans les magasins de bricolage ou au rayon entretien des supermarchés.
Il faut savoir qu’il s’agit d’un produit moins pur que sa version alimentaire. Il contient parfois des impuretés, voire des traces de métaux lourds ou de polluants issus de procédés industriels. Rien de dramatique s’il reste sur une éponge ou dans un seau d’eau savonneuse. Mais dans l’assiette, c’est une autre histoire. À ne jamais ingérer, donc, même si, visuellement, rien ne le distingue de son jumeau comestible.
Une anecdote qui revient souvent : une voisine convaincue que « du bicarbonate, c’est du bicarbonate », avait tenté d’en mettre une pincée dans sa pâte à crêpes. Résultat ? Goût étrange, digestion douteuse, et surtout une belle frayeur… comme quoi, mieux vaut ne pas jouer à l’apprenti chimiste.
Le bicarbonate alimentaire : votre allié dans l’assiette (et plus encore)
Lui, c’est le caméléon de la cuisine. Il sait se faire discret, mais rend mille services. Ajouté à une pâte à gâteau, il agit comme une levure naturelle, donnant du moelleux sans alourdir. Il adoucit l’acidité des tomates, rend les légumes secs plus digestes, attendrit la viande en un rien de temps, et sert même à nettoyer les fruits et légumes en douceur.
Sa pureté est strictement contrôlée, ce qui le rend totalement sûr pour un usage alimentaire. Vous le trouverez généralement au rayon épicerie ou diététique, parfois même en pharmacie.
C’est aussi vers lui qu’il faut se tourner si vous utilisez du bicarbonate pour des soins corporels : blanchir les dents, faire un bain de bouche, un gommage maison ou encore purifier le cuir chevelu. Le bicarbonate ménager, lui, serait bien trop abrasif — et potentiellement nocif pour ces usages délicats.
Ne pas confondre les usages : une précaution qui vaut de l’or
Le bicarbonate de soude est un produit unique par sa polyvalence, mais il ne s’utilise pas à la légère. Ce qui change entre ses différentes versions, ce n’est pas sa fonction de base, mais bien son degré de pureté et ses usages recommandés.
En clair :
- Pour les recettes, les soins corporels, et les usages autour du corps humain : on reste sur du bicarbonate alimentaire, sans exception.
- Pour les tâches ménagères, le jardinage ou le nettoyage en profondeur : le bicarbonate ménager fait des merveilles.
Le mieux reste de toujours bien lire les indications sur l’emballage. En cas de doute, les professionnels de santé ou les toxicologues de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) rappellent qu’ingérer des produits non prévus à cet effet peut entraîner des troubles gastro-intestinaux ou des réactions allergiques.