On pense souvent bien faire en glissant ses épluchures de pommes de terre dans le compost. Pourtant, ce geste anodin peut vite se transformer en cauchemar pour votre potager… et pour l’environnement.
Quand le compost devient un terrain à risques
Depuis que le tri des déchets organiques est devenu une obligation en France, les composteurs fleurissent dans les jardins et même dans les cuisines. L’idée est simple : recycler les restes alimentaires pour enrichir la terre. Mais attention, tout ne se composte pas sans risque.
Les pommes de terre, sous leur apparence inoffensive, peuvent cacher des ennemis redoutables : des maladies comme la verticilliose, capables de contaminer l’ensemble de votre compost. Résultat : non seulement vos déchets ne nourrissent plus la terre, mais ils peuvent aussi l’appauvrir et propager des agents pathogènes.
Les pommes de terre germées : un faux cadeau pour votre compost
On a tous déjà retrouvé, au fond du panier à légumes, des pommes de terre oubliées, aux germes bien installés. Le réflexe pourrait être de les envoyer directement au compost. Mauvaise idée !
Non seulement elles présentent les mêmes risques de maladies que les épluchures, mais elles ont aussi la mauvaise habitude de continuer à pousser. Et pendant que vous pensez nourrir votre compost, elles puisent dans ses nutriments, appauvrissant le mélange destiné à votre potager. Un peu comme un invité qui, non seulement ne participe pas au repas, mais repart avec les restes.
Les épluchures qui font vraiment du bien au compost
Heureusement, il existe une foule d’épluchures amies du composteur. Pour nourrir vos sols sans les mettre en danger, privilégiez :
- Les fanes de carottes ou de radis, qui se décomposent rapidement
- Les peaux de banane, riches en potassium
- Les épluchures de kiwi et d’avocat, idéales pour apporter des nutriments variés
- Les oignons, qui se dégradent bien tout en apportant un peu de soufre
- Les trognons de pomme, parfaits pour la structure du compost
Petite astuce : alternez ces déchets « verts » avec des matières « brunes » (carton non imprimé, feuilles mortes, sciure de bois non traitée) pour un compost équilibré et sans odeurs.
Un compost sain, c’est avant tout un compost surveillé
La clé, c’est de garder un œil sur ce que vous y mettez. Un compost, c’est un peu comme une recette : si on y glisse le mauvais ingrédient, c’est tout le plat qui est gâché. Les organismes comme l’ADEME recommandent de rester attentif aux déchets porteurs de maladies ou trop gras, et de varier les apports pour maintenir l’équilibre entre humidité et matière sèche.
En résumé : vos pommes de terre, qu’elles soient germées ou simplement épluchées, trouveront mieux leur place au bac à ordures ménagères… ou dans une bonne soupe, plutôt que dans votre compost.